Acid Jones et le mystère des OVNIs

Hélèna et l'ENA



Maxime Desain était un jeune énarque qui après avoir assuré la direction de la section des affaires sociales aux Renseignements Généraux, poste honorable et classique pour sa formation, a été nommé à un poste bien plus difficile et plus secret. Son sens de la communication, sa parfaite maîtrise des techniques de désinformation associés à un caractère affable et à un physique rond, faisaient de Maxime Desain un homme sympathique et efficace. Il vient d’être récompensé par une nouvelle promotion interne et pour fêter cela, Maxime a donné rendez-vous à Hélèna Weil, une amie et collègue, énarque elle aussi, directrice de la section des courses et des jeux. Outre une silhouette séduisante, cette gracieuse personne disposait aussi d'atouts professionnels exemplaires. Bien que collègues, Maxime et Hélèna ne s'étaient pas vus depuis longtemps. Leurs relations étaient à vrai dire plus qu'amicales et chacun semblait se satisfaire de ces relations épisodiques qui leur laissaient le loisir de se consacrer pleinement à leur passion : le travail. Toutefois, leurs retrouvailles avaient à chaque fois une intensité exceptionnelle. On eut dit les retrouvailles enfiévrées d'amants séparés par quelques cruautés de la vie. Fort heureusement pour eux, aucune épreuve pénible n'avait perturbé ce couple de privilégiés, protégés des Dieux administratifs. La sonnerie retentit dans l'entrée de la garçonnière douillette de Maxime. Ce dernier, gourmet et bon cuisinier venait de déboucher une bouteille d'un de ses vins préférés, un Hautes-Côtes de Beaune que son oncle bourguignon de souche lui livrait à chacune de ses venues. Maxime posa la bouteille, gagna prestement la porte d'entrée, l'ouvrit fébrilement et fit entrer Hélèna avec une maîtrise et un calme trompeurs. Elle était vêtue d'un trois-quart pastel, d'un fuseau noir et chaussée de bottines rétro de même couleur.

- Bonsoir, dit elle simplement.

Au son de sa voix, Maxime se sentit fondre. Les émotions du passé étaient là, intactes. Ils s'embrassèrent puis Maxime la débarrassa de son manteau et entraîna sa compagne dans un petit salon 1er Empire qu'il affectionnait. Sur la gauche, une belle et sombre cheminée en bois de style Directoire complétait le mobilier du salon. Un doux papier peint vert clair, copie fidèle de celui qui ornait la chambre de Bonaparte dans sa maison natale d'Ajaccio finissait de donner du cachet à cette pièce et traduisait ainsi subtilement un sens de l'humour et du détail, particuliers. Plus tard dans la soirée, suivant leurs tempéraments fougueux, les deux amants se  rejoueraient Austerlitz dans le creux du canapé qui faisait face à une petite table de dîner. Pour l'heure, sous le charme de sa compagne, Maxime mit le concerto d'Albinoni préféré de celle-ci... L'émoi de ces retrouvailles semblait donner aux notes des sonorités nouvelles, ce qui commençait agréablement la soirée. Hélèna s'assit sur le canapé, pendant que Maxime s'apprêtait à servir l'apéritif.